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Showing posts from 2020

De l'esclavage des Nègres (Livre XV, chapitre 5), Montesquieu

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Si j'avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais :Les peuples d'Europe ayant exterminé ceux de l'Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l'Afrique, pour s'en servir à défricher tant de terres.Le sucre serait trop cher, si l'on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves.Ceux dont il s'agit sont noirs depuis les pieds jusqu'à la tête ; et ils ont le nez si écrasé, qu'il est presque impossible de les plaindre.On ne peut se mettre dans l'esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout une âme bonne, dans un corps tout noir.Il est si naturel de penser que c'est la couleur qui constitue l'essence de l'humanité, que les peuples d'Asie, qui font des eunuques, privent toujours les noirs du rapport qu'ils ont avec nous d'une manière plus marquée.On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux, qui chez les Égyptiens…

Expressions autour du mot "blanc"

Tout n’est plus blanc, tout n’est plus noir


Dans le sillage du mouvement antiraciste mondial, faut-il glisser vers l’hypocrisie, voire l’absurde, comme le fait L’Oréal, filiale d’Unilever, en supprimant de ses produits tous les mots ayant un rapport avec la blancheur ?(Je n'ai rien contre cette firme ; elle est juste emblématique des entreprises, médias compris, qui surfent opportunément sur la vague de l'actualité.)
Suite à la mort choquante de l’Afro-Américain – cette expression n’est-elle pas déjà raciste en soi ? —George Floyd, aux Etats-Unis, n’y a-t-il pas une tentative de récupération dans cette quête de non-blancheur ?
Cette initiative sera-t-elle plus efficace dans la lutte contre le racisme que ne l’est, en France, l’écriture inclusive pour défendre l’égalité hommes - femmes ? Pardon, on dit désormais femmes-hommes !
Faudra-t-il débaptiser la station de métro Blanche, ou la rue Blanche ? Le Mont-Blanc ?
S’il fallait supprimer le mot blanc et tous ses synonymes, pourr…

Discours sur la misère 1849, Victor Hugo – lecture de Michel Garçon

Ecouter le Discours sur la misère de Victor Hugo (lecture)– Activez les sous-titres dans la vidéo pour y faire apparaître le texte ci-dessous –

9 Juillet 1849 à la tribune de l’Assemblée nationale
(…)« Messieurs, j’entends dire à tout instant, et j’ai entendu dire encore tout à l’heure autour de moi, au moment où j’allais monter à cette tribune, qu’il n’y a pas deux manières de rétablir l’ordre. On disait que dans les temps d’anarchie il n’y a de remède souverain que la force, qu’en dehors de la force tout est vain et stérile. (…)Il faut profiter du silence imposé aux passions anarchiques pour donner la parole aux intérêts populaires. Il faut profiter de l’ordre reconquis pour relever le travail, pour créer sur une vaste échelle la prévoyance sociale ; pour substituer à l’aumône qui dégrade l’assistance qui fortifie ; pour fonder de toutes parts, et sous toutes les formes, des établissements de toute nature qui rassurent le malheureux et qui encouragent le travailleur ; pour donner cord…

Plaidoyer de Robert Badinter, ministre de la justice à l'Assemblée nationale, le 17 septembre 1981, en faveur de l'abolition de la peine de mort

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Vidéo du discours du Garde des Sceaux En fait, ceux qui croient à la valeur dissuasive de la peine de mort méconnaissent la vérité humaine. La passion criminelle n’est pas plus arrêtée par la peur de la mort que d’autres passions ne le sont qui, celles-là, sont nobles.Et si la peur de la mort arrêtait les hommes, vous n’auriez ni grands soldats, ni grands sportifs. Nous les admirons, mais ils n’hésitent pas devant la mort. D’autres, emportés par d’autres passions, n’hésitent pas non plus. C’est seulement pour la peine de mort qu’on invente l’idée que la peur de la mort retient l’homme dans ses passions extrêmes. Ce n’est pas exact.Et puisqu’on vient de prononcer le nom de deux condamnés à mort qui ont été exécutés, je vous dirai pourquoi, plus qu’aucun autre, je puis affirmer qu’il n’y a pas dans la peine de mort de valeur dissuasive : sachez bien que, dans la foule qui, autour du palais de justice de Troyes, criait au passage de Buffet et de Bontems : « A mort Buffe…

Le bout du bout, Raymond Devos, Olympia 1999, vidéo et transcription reproduisant toutes les élisions de schwa

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S’adressant au public :

Un jour, j’étais en train d’ tailler un morceau d’ bois... Mon pianiste vient, i’ m’ dit : - Voulez-vous m’ passer c’ bout d’ bois, s'il vous plaît ? Alors j’ lui dis : - Lequel des deux bouts ? I’ m’ dit : - Y a qu’un bout d’ bois,  j’ vois qu'un bout d’ bois. J’ lui dis : - Parce que vous vous exprimez mal ! Parce qu'un bois, ça a deux bouts. Alors, i’ n’ faudrait pas dire  le bout de bois, mais  les deux bouts d'un bois ! Alors,  i’ m’ dit : - Les deux bouts d'un bois, d'abord, ça sonne curieux ! On entend les deux boudins, comme ça… On n’ sait pas s'il s'agit de bouts d’ bois ou d’ bouts de boudin ! J’ lui dis : - N’ plaisantons pas ! S'il s'agissait de bouts d’ boudin, on dirait les deux bouts d'un boudin ! On n’ dirait pas les deux bouts d'un bois ! I’ m’ dit : - J'ai toujours appelé un bout d’ bois un bout d’ bois, moi, alors, passez-moi c’ bout d’ bois ! J’ lui passe le bout d’ bois. I’ prend l’ bout, i’ tire dessus et…

Scénario du film de Mathieu ZEITINDJIOGLOU, Parlez-nous de l'amour - Pour le cours de phonétique française

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Parlez-nous de l’amour...
Les examinateurs
Monsieur, vous êtes ici pour concourir à l'examen d'entrée à la prestigieuse école des Sciences Politiques de Paris. Vous vous apprêtez à passer, dans quelques instants, l'épreuve ultime de ce concours, l'épreuve la plus célèbre, la plus intransigeante. L'entretien oral vous permettra peut-être d'intégrer le cercle privilégié, la crème de la crème de l'élite intellectuelle française. Monsieur, vous avez exactement dix minutes pour nous parler de l'amour.
Le candidat (embarrassé, après un long silence) : 
Excusez-moi... je pensais qu'il s'agissait d'un test de géopolitique... - Le temps passe, monsieur... Le temps passe !
Une voix intérieure inspire enfin le candidat. La voix (murmurant) : Mon amour, je t'aime ! Je t'aime, mon amour.

Le candidat :
« Et là où l’Homme dans la souffrance perd la parole, un dieu m’a donné de dire ce que j’endure. » C’est ainsi que Pétrarque nous parle de l’amour, et qu'…

Lettre de Baudelaire à Narcisse Ancelle: "Je me tue parce que je ne puis plus vivre."

30 juin 1845 Quand Mlle Jeanne Lemer vous remettra cette lettre, je serai mort. -- Elle l'ignore. Vous connaissez mon testament. -- Sauf la portion réservée à ma mère, Mlle Lemer doit hériter de tout ce que je laisserai, après paîment [sic] fait par vous de certaines dettes dont la liste accompagne cette lettre. -- Je meurs d'une affreuse inquiétude. -- Rappelez-vous notre conversation d'hier. -- Je désire, je veux que mes dernières intentions soient strictement exécutées. -- Deux personnes peuvent attaquer mon testament ; ma mère et mon frère -- et ne peuvent l'attaquer que sous prétexte d'aliénation mentale. -- Mon suicide ajouté aux désordre divers de ma vie ne peut que les servir pour frustrer Mlle Lemer de ce que je veux lui laisser. -- Il faut donc que je vous explique mon suicide et ma conduite à l'égard de Mlle Lemer, -- de telle sorte que cette lettre adressée à vous, et que vous aurez soin de lui lire, puisse servir à sa défense, en cas que mon testa…

Les petites vieilles, de Charles Baudelaire - Poème audio

Les petites vieillesécouter le poèmede Charles Baudelaire 
À Victor Hugo I Dans les plis sinueux des vieilles capitales,
Où tout, même l’horreur, tourne aux enchantements,
Je guette, obéissant à mes humeurs fatales
Des êtres singuliers, décrépits et charmants. Ces monstres disloqués furent jadis des femmes,
Éponine ou Laïs ! Monstres brisés, bossus
Ou tordus, aimons-les ! ce sont encor des âmes.
Sous des jupons troués et sous de froids tissus Ils rampent, flagellés par les bises iniques,
Frémissant au fracas roulant des omnibus,
Et serrant sur leur flanc, ainsi que des reliques,
Un petit sac brodé de fleurs ou de rébus ; Ils trottent, tout pareils à des marionnettes ;
Se traînent, comme font les animaux blessés,
Ou dansent, sans vouloir danser, pauvres sonnettes
Où se pend un Démon sans pitié ! Tout cassés Qu’ils sont, ils ont des yeux perçants comme une vrille,
Luisants comme ces trous où l’eau dort dans la nuit ;
Ils ont les yeux divins de la petite fille
Qui s’étonne et qui rit à tout ce qui relu…

Correspondance : lettres de Victor Hugo à Charles Baudelaire, octobre 1859

Lettres de Victor Hugo

À Charles Baudelaire.
Hauteville-House, 6 octobre 1859.  Votre article sur Théophile Gautier est une de ces pages qui provoquent puissamment la pensée. Rare mérite, faire penser ; don des seuls élus. Vous ne vous trompez pas en prévoyant quelque dissidence entre vous et moi. Je comprends toute votre philosophie (car, comme tout poète, vous contenez un philosophe) ; je fais plus que la comprendre, je l’admets ; mais je garde la mienne. Je n’ai jamais dit : l’art pour l’art ; j’ai toujours dit : l’art pour le progrès. Au fond, c’est la même chose, et votre esprit est trop pénétrant pour ne pas le sentir. En avant ! c’est le mot du progrès ; c’est aussi le cri de l’art. Tout le verbe de la poésie est là.  Que faites-vous quand vous écrivez ces vers saisissants : les Sept Vieillardset les Petites Vieilles, que vous me dédiez et dont je vous remercie ? Que faites-vous ? Vous marchez. Vous dotez le ciel de l’art d’on ne sait quel rayon macabre. Vous créez un frisson n…

Un prince en Avignon est une chanson en hommage à l'immense comédien qu'était Gérard Philippe

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UN PRINCE EN AVIGNON 1969 F. Thomas - J.M. Rivat (Paroles) J.P. Bourtayre (musique) Interprète : Esther Ofarim

Il était un prince en Avignon Sans royaume, sans château ni donjon Là-bas tout au fond de la province Il était un prince
Et l'enfant que j'étais Cueillait pour lui bien des roses En ce temps le bonheur était peu de choses
Il était un prince en Avignon Sans royaume, sans château ni donjon Mais ces mots nous chantaient les campagnes Des grands rois d'Espagne
Quand le soir descendait On devenait spectateurs Et la ville avec lui n'était plus qu'un coeur
Il nous emportait dans son empire Nous attendrissait d'un sourire Combien je l'aimais, combien je rêvais Et puis vers ma ville je m'en retournais
Il était un prince en Avignon Sans royaume, sans château ni donjon Là-bas tout au fond de la province Il était un prince Un prince


A droite, photo de Gérard Philippe (4 December 1922 – 25 November 1959) 







Jean-Louis Trintignant, immense comédien, récite de la poésie à 89 ans. Un régal.

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Faut vivre

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Faut vivre, chanson de Mouloudji 1973


Paroles de Marcel Mouloudji, musique de Cris Carol

Malgré les grands yeux du néant C'est pour mieux te manger enfant Et les silences et les boucans... Faut vivre
Et bien qu'aveugles sur fond de nuit Entre les gouffres infinis Des milliards d'étoiles qui rient... Faut vivre...
Malgré qu'on soit pas toujours beau Et que l'on n’ait plus ses seize ans Et sur l'espoir un chèque en blanc Faut vivre...
Malgré le cœur qui perd le nord Au vent d'amour qui souffle encore Et qui parfois encore nous grise Faut vivre...
Malgré qu'on n’ait pas de génie N'est pas Rimbaud qui veut pardi Et qu'on se cherche un alibi Malgré tous ces morts en goguette Qui errent dans les rues de nos têtes Faut vivre...
Malgré qu'on soit brave et salaud Qu'on ait des complexes à gogo Et qu'on les aime, c'est ça le pire Faut vivre...
Malgré l'idéal du jeune temps Qui s'est usé au mur du temps Et par d'autres repris en chantant Faut vivre...
Malgré q…