Jérôme, sketch de Florence Foresti, transcrit avec les élisions originales


Regarder la vidéo du sketch à 5'50




Nathalie ? Nath ? Nath ! J’ suis là...  J’ peux t' parler ? Hmmm ?
Ben, viens !
Hmmmm... Aahh...
Il a appelé, hier soir. Hmm, il m'a appelée...
Mal. Très mal..
Non, j'ai pas envie d'en parler... Non.
Non. Pa’ce que c'est trop frais.. C'était hier...
J'ai aucune envie d'entrer dans les détails, ça va m'achever...
Non, s'te plait, insiste pas... On parle d'autre chose, parce que j'ai pas envie...

Il a appelé à 20 heures 16... Quand j'ai vu qu' c'était lui, j'ai laissé sonner quat’ fois, comme tu m'avais dit, pour faire genre "j' suis occupée".
Super ! J’ décroche, il était plus là... Merci infiniment ! ... Donc j’ rappelle... la honte.

Donc, i’ décroche, i’ m’ fait : "Ouais, c'est moi, Jérôme." ... Moi, comme une conne, j' sais pas c' qui m' prend, j' lui réponds : "Oui, Jérôme, c'est moi... non, je n'ai pas changé.»
J' sais pas... C'est sorti, comme ça, j'en sais rien... N' me demande pas, parce que j'en sais rien moi-même... J' sais pas pourquoi j' lui ai dit ça, j'suis con. En plus, ça marche pas ! Jèrôme, c'est pas moi, c'est lui. Alors ça marche pas, la blague... du coup.
La blague... quand tu fais : "Oui, Jérôme, c'est moi..." Non. Moi, c'est Florence, du coup... Non, laisse tomber, c’est pas grave.
Euh.... On a parlé quat' minutes 37... à peu près.
Il était avec son portable. A un moment, il me... i’ m' fait : "Ça capte pas, j’ te rappelle."
Donc effectivement, j’ l'ai rappelé... euh, vers, euh, pff... 21 heures 33.

Enfin bon, j' te passe les détails, t'as pas envie d’ savoir, d’ toute façon. Laisse-moi. Pars ! Je m'en vais....
Si ?... Ça t'intéresse ? Ah bon ?

Ah ben, après... après, on s'est vus, oui, bien sûr, j’ l'ai vu. Non. Non non, c'était pas prévu. C'était par hasard.
Ben j'suis passée par inadvertance devant chez lui et au bout de quat' - cinq heures, on est tombés nez à nez. C'est dingue !

... Enfin, quand j'ai sonné, en fait. C'est fou, les coïncidences, des fois.
Quoi ? Ah non, c'était l'horreur. C'était la pire soirée d’ ma vie, j' te jure ! C'était un cauchemar !
On est allé bouffer avec des potes à lui, il m'a pas calculée, c'était un massacre.
C'était Beyrouth, tu vois ? Non, pire, euh... Dunkerque ! Si. La zone indus' de Dunkerque, même !... un dimanche de novembre. Brrr...
Avec Arlette Chabot, voilà. Horrible ! Voilà !...

Non, pas du tout. Pourquoi tu dis ça ?
Ah non... Non, il m'a pas quittée. Oh, ben non ! S'te
plaît !!! Ah, ah ! "Quittée"... il pourrait pas... Parce que... Ben, parce qu'on n'est pas ensemble.
Enfin, lui, surtout... Moi, j’ suis ensemble à mort, mais euh.... Non, c'est pas ça. Tu comprends rien. J'ai l'impression que j' suis en train de d'venir son meilleur pote là, j' te jure.
Ben, on dirait des potes d'armée, quand on s’ voit, c'est pas normal.
Il m' tape dans l’ dos. "Et qu'est-ce qu'i' dit, et qu'est-ce qu’i' boit ?"
Mais il est d’venu fou. Mais j' te promets.

Mais je l' sais, ça va, j' suis pas con, quand il y a du monde, et qu'i' m' dit bonjour, i' m' serre la main. C'est bizarre, quand même !
J'ai l'impression qu'il veut pas qu’ ça s’ sache, qu'on est... même pas ensemble.

Enfin, en même temps, j' sais pas pourquoi i’ me fait ça en c’ moment : j'ai été adorable, ces derniers temps.
J'ai été hyper sympa, j'ai fait plein d'efforts pour lui. 
Attends, j’ai accepté d’ faire un tour de périph' à moto avec lui, déjà.... J'déteste...
Horrible. Vingt kilomètres comme ça on a fait. Ben, ça tourne que dans un sens, le pèriph’, Nath, réfléchis !
Ben t'es obligée ! C'est circulaire, c’est un virage, le pèriphérique. Sinon, tu chutes !

T'es con, toi, des fois ! Si des fois, t'es con, tu comprends pas.
Ah non, c'était horrible j'ai pas supporté, non. J'ai vomi dans le casque intégral, à un moment.

Quoi, qu’est-ce que j'avais mangé ? Mais on s'en fout ! C'est pas l’ propos...
Tartiflette... Bon, merde... ça va, J'aime pas la moto, j'aime pas la moto... Je suis pas Ponch...

Ponch... Ben Poncherello ! ... Le motard de "Chips", là. T'as quel âge ? J' te signale qu’i's ont tous compris, ici....
Et ben, après, dans la soirée, eh ben, évidemment qu’ j'ai essayé d’ lui parler...
Il m'a sorti son truc habituel : "J' veux pas m'engager, tu comprends... J' suis pas prêt pour une relation stable."
Pff ! J' lui ai jamais demandé d’ s'engager, moi. J' lui ai rien fait signer, à c’ que j' chasse... à ce que j' sache. C'est dur à dire.
Hein ? Non, ça va, tu parles. C'est pas parce que j’ l'ai emmené une fois au salon du mariage, oh là là...

Ah ! On peut plus s’ balader à Paris, maintenant ! I’ vont chercher d' ces trucs, les mecs... !
Bon, bref, au bout d'un moment, j'en pouvais plus. Dans la soirée, j'me suis dit : j' vais lui mettre un ultimatum devant tout l'monde.

Je l'ai chopé, entre quat' z-yeux comme ça, il était de dos, j' lui ai fait : "Fais attention, Jèrôme, hein ? Fais attention, si ça continue ; ça va pas pouvoir continuer !"
Voilà. Terminé.

Quoi ? Non, non.... Non, c'est pas fini, pas totalement, non....
Non non, i’ veut bien qu'on continue à s’ voir, mais... juste chez lui, en fait...

Ouais, il veut pas qu' y ait du monde autour... J' sais pas... Non. Que le lundi soir, hmmm... Enfin, quand il va pas au... au tennis...
Ouais, quand i’ pleut, en fait, hmm....

Ouais, c'est ça, le... le lundi soir, entre neuf et dix, quand i’ fait un temps d’ merde, ouais. Hmm...
Pourquoi tu dis ça ? Tu crois qu’ j’ devrais pas accepter, non ?

Tu dirais quoi, toi ?... Tu dirais non ?... Ouais, hmmm... Ouais; bien sûr, que j' refuse ! Ça va ! J'suis pas à sa disposition... Il est fou, lui !
Ben, évidemment, que j'arrête !... Ça va... ça fait 5 ans qu’ ça dure... J'suis pas...

Ah, ah ! L'autre ! Y'a pas écrit "la conne", hein ?... Si ? ... Ah bon ?...
Non, non, mais là, ça y est, j'en ai marre, là, j'ai atteint l’ point d’ non-retour.
Là, j'arrête tout, là. Ah, j' te jure ! J' le rappelle plus jamais d’ ma vie.

C'est terminé ! Terminé !!!
En même temps, qu'est-ce que tu veux qu’ je foute, le lundi soir, quand i’ pleut, moi ?

Comments

Popular posts from this blog

Printemps, Victor Hugo, poème lu

Cous de phonétique française à Paris et par Skype