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Le bout du bout, Raymond Devos, Olympia 1999, vidéo et transcription reproduisant toutes les élisions de schwa

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S’adressant au public :

Un jour, j’étais en train d’ tailler un morceau d’ bois... Mon pianiste vient, i’ m’ dit : - Voulez-vous m’ passer c’ bout d’ bois, s'il vous plaît ? Alors j’ lui dis : - Lequel des deux bouts ? I’ m’ dit : - Y a qu’un bout d’ bois,  j’ vois qu'un bout d’ bois. J’ lui dis : - Parce que vous vous exprimez mal ! Parce qu'un bois, ça a deux bouts. Alors, i’ n’ faudrait pas dire  le bout de bois, mais  les deux bouts d'un bois ! Alors,  i’ m’ dit : - Les deux bouts d'un bois, d'abord, ça sonne curieux ! On entend les deux boudins, comme ça… On n’ sait pas s'il s'agit de bouts d’ bois ou d’ bouts de boudin ! J’ lui dis : - N’ plaisantons pas ! S'il s'agissait de bouts d’ boudin, on dirait les deux bouts d'un boudin ! On n’ dirait pas les deux bouts d'un bois ! I’ m’ dit : - J'ai toujours appelé un bout d’ bois un bout d’ bois, moi, alors, passez-moi c’ bout d’ bois ! J’ lui passe le bout d’ bois. I’ prend l’ bout, i’ tire dessus et…

Scénario du film de Mathieu ZEITINDJIOGLOU, Parlez-nous de l'amour - Pour le cours de phonétique française

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Parlez-nous de l’amour...
Les examinateurs
Monsieur, vous êtes ici pour concourir à l'examen d'entrée à la prestigieuse école des Sciences Politiques de Paris. Vous vous apprêtez à passer, dans quelques instants, l'épreuve ultime de ce concours, l'épreuve la plus célèbre, la plus intransigeante. L'entretien oral vous permettra peut-être d'intégrer le cercle privilégié, la crème de la crème de l'élite intellectuelle française. Monsieur, vous avez exactement dix minutes pour nous parler de l'amour.
Le candidat (embarrassé, après un long silence) : 
Excusez-moi... je pensais qu'il s'agissait d'un test de géopolitique... - Le temps passe, monsieur... Le temps passe !
Une voix intérieure inspire enfin le candidat. La voix (murmurant) : Mon amour, je t'aime ! Je t'aime, mon amour.

Le candidat :
« Et là où l’Homme dans la souffrance perd la parole, un dieu m’a donné de dire ce que j’endure. » C’est ainsi que Pétrarque nous parle de l’amour, et qu'…

Lettre de Baudelaire à Narcisse Ancelle: "Je me tue parce que je ne puis plus vivre."

30 juin 1845 Quand Mlle Jeanne Lemer vous remettra cette lettre, je serai mort. -- Elle l'ignore. Vous connaissez mon testament. -- Sauf la portion réservée à ma mère, Mlle Lemer doit hériter de tout ce que je laisserai, après paîment [sic] fait par vous de certaines dettes dont la liste accompagne cette lettre. -- Je meurs d'une affreuse inquiétude. -- Rappelez-vous notre conversation d'hier. -- Je désire, je veux que mes dernières intentions soient strictement exécutées. -- Deux personnes peuvent attaquer mon testament ; ma mère et mon frère -- et ne peuvent l'attaquer que sous prétexte d'aliénation mentale. -- Mon suicide ajouté aux désordre divers de ma vie ne peut que les servir pour frustrer Mlle Lemer de ce que je veux lui laisser. -- Il faut donc que je vous explique mon suicide et ma conduite à l'égard de Mlle Lemer, -- de telle sorte que cette lettre adressée à vous, et que vous aurez soin de lui lire, puisse servir à sa défense, en cas que mon testa…

Les petites vieilles, de Charles Baudelaire - Poème audio

Les petites vieillesécouter le poèmede Charles Baudelaire 
À Victor Hugo I Dans les plis sinueux des vieilles capitales,
Où tout, même l’horreur, tourne aux enchantements,
Je guette, obéissant à mes humeurs fatales
Des êtres singuliers, décrépits et charmants. Ces monstres disloqués furent jadis des femmes,
Éponine ou Laïs ! Monstres brisés, bossus
Ou tordus, aimons-les ! ce sont encor des âmes.
Sous des jupons troués et sous de froids tissus Ils rampent, flagellés par les bises iniques,
Frémissant au fracas roulant des omnibus,
Et serrant sur leur flanc, ainsi que des reliques,
Un petit sac brodé de fleurs ou de rébus ; Ils trottent, tout pareils à des marionnettes ;
Se traînent, comme font les animaux blessés,
Ou dansent, sans vouloir danser, pauvres sonnettes
Où se pend un Démon sans pitié ! Tout cassés Qu’ils sont, ils ont des yeux perçants comme une vrille,
Luisants comme ces trous où l’eau dort dans la nuit ;
Ils ont les yeux divins de la petite fille
Qui s’étonne et qui rit à tout ce qui relu…

Correspondance : lettres de Victor Hugo à Charles Baudelaire, octobre 1859

Lettres de Victor Hugo

À Charles Baudelaire.
Hauteville-House, 6 octobre 1859.  Votre article sur Théophile Gautier est une de ces pages qui provoquent puissamment la pensée. Rare mérite, faire penser ; don des seuls élus. Vous ne vous trompez pas en prévoyant quelque dissidence entre vous et moi. Je comprends toute votre philosophie (car, comme tout poète, vous contenez un philosophe) ; je fais plus que la comprendre, je l’admets ; mais je garde la mienne. Je n’ai jamais dit : l’art pour l’art ; j’ai toujours dit : l’art pour le progrès. Au fond, c’est la même chose, et votre esprit est trop pénétrant pour ne pas le sentir. En avant ! c’est le mot du progrès ; c’est aussi le cri de l’art. Tout le verbe de la poésie est là.  Que faites-vous quand vous écrivez ces vers saisissants : les Sept Vieillardset les Petites Vieilles, que vous me dédiez et dont je vous remercie ? Que faites-vous ? Vous marchez. Vous dotez le ciel de l’art d’on ne sait quel rayon macabre. Vous créez un frisson n…

Un prince en Avignon est une chanson en hommage à l'immense comédien qu'était Gérard Philippe

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UN PRINCE EN AVIGNON 1969 F. Thomas - J.M. Rivat (Paroles) J.P. Bourtayre (musique) Interprète : Esther Ofarim

Il était un prince en Avignon Sans royaume, sans château ni donjon Là-bas tout au fond de la province Il était un prince
Et l'enfant que j'étais Cueillait pour lui bien des roses En ce temps le bonheur était peu de choses
Il était un prince en Avignon Sans royaume, sans château ni donjon Mais ces mots nous chantaient les campagnes Des grands rois d'Espagne
Quand le soir descendait On devenait spectateurs Et la ville avec lui n'était plus qu'un coeur
Il nous emportait dans son empire Nous attendrissait d'un sourire Combien je l'aimais, combien je rêvais Et puis vers ma ville je m'en retournais
Il était un prince en Avignon Sans royaume, sans château ni donjon Là-bas tout au fond de la province Il était un prince Un prince


A droite, photo de Gérard Philippe (4 December 1922 – 25 November 1959) 







Jean-Louis Trintignant, immense comédien, récite de la poésie à 89 ans. Un régal.

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